




Nous sommes en 20011, et l'homme qui séduit, c'est celui qui a l'argent ou celui qui dit ça :
Les enfants sont comptés bien avant qu'ils ne sachent compter eux-mêmes. Nous avons imposés ce que sera votre vie parce que nous sommes parents. Ce n'est pas un statut de pouvoir, c'est le don du créateur. Et ce don, ces enfants qui ne savaient pas compter, il l'auront quand ils compteront les enfants qui ne savent pas compter. Le mouton devient berger quand il devient parent,( et par grâce, il en oubli qu'il est mouton.)
pour renverser la pyramide, il faudrait que ceux qui ne savent pas compter renversent les chiffres, défient la valeur, révolutionne la création en la systématisant.
Je suis entré dans une église, ils avaient tous la bouche pleine, yeux fermés, ils priaient. Que pensaient-ils ? a Qui parlaient t ils ?Comment parlaient t il ? Est ce que dieu comprenait le français ? Sait - il l'histoire des mots ? Sait-il les maux des mots ? J'ai hurlé l' aztiforlake sous ses nefs. Rien.
Par chance, ils ne sont pas morts en essayant de parler à l'au-dessus, ils sont sorti spirituels de l'église, ils ont essayé, ils avaient la possibilité, ils l'ont prise, ils sont libres, ils ont fait un choix, et cela, Dieu le leur rendra.
Qu'est ce qui leur fait croire qu'ils sont libres ? Est ce le mouvement ? L'impression d'avoir un pied qui n'est pas sur le même sol que l'autre ? l'idée du pas en avant, en l'air, d'avoir un acquis qui grandit, l'idée d'accumuler sans s'arrêter.
Je crois que c'est surtout le "sans s'arrêter" qui leur importe. L'idée d'espace disponible, de potentiel, de grande plaine vide les attendants, bras tendus, devant leurs pupilles émerveillées.
Je ne me suis jamais senti libre. Peut être dans mes moments d'anesthésie ou d'amnésie, mais jamais libre. Libre consciemment, j'aurais eu besoin de poser une bombe sur tout ce que j'ai connu. Besoin de supprimer, d'oublier à jamais qui j'ai pu être et ou j'ai pu être, besoin de renaître.
Pour être libre, j'aurais eu besoin de me sentir perdu. Leur bullshit d'image commune de l'homme dans la nature, c'est pire que tout. Comment oser penser qu'un conquérant d'espaces peut être libre ? Comment penser qu'un homme libre ne soit pas humble d'abord ? Si Christophe Colomb, leur idéal, avait été libre en découvrant son nouveau monde, il n'aurait jamais laisser s'accomplir derrière lui une chose qui le dépasse, jamais la nation, l'esclavage, la guerre, le capitalisme n'aurait existé dans le sillon de son histoire s'il n'avait pas eu autour du coup, le collier étrangleur de celui qui doit travailler, de celui qui doit manger, de l'ambition et de toute ces choses qui nous éloignent de la naissance et nous serrent les uns contre les autres dans notre commune cage.
**
Depuis qu' ils et elles ont posé une peau de bête sur le sexe, sur la couleur, on a chacun notre fourrure toute prête a la sortie de l'utérus
***
Qu'est ce qui fait qu'on peut être si prétentieux ? Si fou de soi-même que l'on ose satisfaire son envie ? Quel fou peut penser au bonheur, a la joie, avec sa jouissance ? Qu'est ce qui nous fait croire qu'une cachette pourra rester un jour une cachette ? Que l'on peut etre plus fort que le destin ? Que l'humanité ? C'est quoi cette merde de pouvoir, de se dire que l'on jouera et que les autres suivront ?
***
fourrure toute prête.
mal
du mal
de ce qu'ils voient
de ce qu'ils ont appris a voir
de ce qu'ils ont pris l'habitude de ne pas voir
par cette marche
toujours perdu
de l'espoir pour marcher
et de l'eau
tout n'a pas commencé comme ça, mais la fin pourrait etre
c'est ainsi qu'est le début des mots, le début du langage,
se trouver une raison de marcher, chercher un mot,
le chercher toute une oeuvre
et puis éteindre,
éteindre tout parce que le mot ne peut être dit, ne peut être entendu que par ce qui ne peut répeter, que par ceux qui ne peuvent qu'entendre, essayer, mais ne jamais réussir,
mais marcher
parce qu'un jour, un jour il n'y aura plus de mot, et ce jour là,
nous saurons.
nous saurons
qui
qui a créé l'arme.
nous saurons enfin si c'est le postier ou le boulanger,
ce dilemme qui nous traverse tous les jours,
meme pour ceux qui feindront de ne pas comprendre,
d'etre sourd aux mots qui se défendent,
aux mots qui dénoncent, et qui placardent sur le pain et les lettres.
Ce jour là
sur la place publique,
se tiendra nu,
le fusil, le couteau, le silex, la hache, le bazooka, le poing, les poings en l'air contre les poings,
et celui qui désigna le fils.
Nu pour avoir choisi l'enfant au pénis, pour lui avoir mis le poing sur un coeur qu'il n'avait pas,
sur le mauvais coeur,
Pour l'avoir appelé fils en pensant arme, pour avoir dit le mot, pour l'avoir inventé.
Il sera nu. Plus nu qu'une balle, plus cru que du sang, il pleurera son fils, il pleurera sa victoire sur ces faibles mots que son les mots, sur nos faibles têtes, vaincues par les fils.
Et les femmes, en retrait, pleureront les hommes de s'être fait appelés hommes,
Elles brûleront la jeanne qui fit de l'Adam au pénis son homme,
Elles brûleront le poil et la barbe,
Elles s'épileront,
Elles épileront, les hommes criant leurs fils, elles les hurleront
Et la place s'apellera enfin de elle même,
Elle prendra voix,
Dans son odeur de cochon grillé que les homme sentiront,
Dans le bruit du fils qui tire, qui tue,
Pour manger du pain plus blanc, plus ferme, plus gouteux,
pour s'écrire des lettres
des plus lettrées possibles,
La place vivra.
***
Je voulais dire,
essayer
La place essaiera.
le seul qui n'essaie pas, le seul qui est divin
et c'est parce qu'il est divin que personne ne le prie.
Le seul
C'est le temps.
Bien sur, l'homme, d'abord caché
essaye. Il se compare
à Dieu, comme il a toujours voulu le faire
et comme il continuera, jusqu'a se montrer caché sur la place,
avant que le temps,
n'essaie pas.
Ou alors essaie, lui fait peur, d'une simple crise cardiaque bénigne comme le temps nous en offre à tous,
quand nous essayons.
Se dire qu'il y a un maître dans la place, un
petit moyen gros énorme immense et merde...là quoi,
un maître que rien ne sait tuer,
ça fait froid au dos du père,
ça ramollit l'arme du fils,
ça fait pousser les poils des femmes.
Alors on se terre, on s'invente, on s'espace,
on s'invente les domaines de la liberté.
Et
on fait des conquêtes !
Des possessions !
Des richesses des plus riches, des femmes, des hommes, des inférieurs, des employés, des euros, des pays, des mots, des regards,
On possède,
On possède,
du plus fort possible,
jusqu'à s'étouffer de ne connaître le temps,
jusqu'à s'inventer le temps,
et l'on se meurt,
sans mourir, pour apprécier le temps
le temps absent,
celui qui ne sait pas que l'on essaye,
parce que l'on fait semblant,
parce que l'on est né avec lui.
Parce que tuer le temps, c'est tuer la possibilité d'essayer,
c'est le sacrifice, c'est la peur, le suicide.
La vie s'endort mieux dans la contemplation,
pendant que l'homme essaye d'essayer,
se protéger de ceux qui veulent essayer.
Un beau ciel, des nuages, un drapeau, deux drapeaux, un obus, un feu de cheminée, une giclure de sang, deux, trois, quatres giclures, un cri,
c'est ici que nous sommes nés. C'est ici.
***
C'est ici,
ici que s'est constitué un corps,
une idée de tout,
une idée de famille, de mariage
d'union,
c'est ici que l'on a pensé à créer la mutilation.
Parce qu' ailleurs,
parce que la liberté d'ailleurs,
elle n'a pas les couleurs de colomb,
elle a des couleurs,
Elle n'a pas les mêmes contrastes,
Elle n'a pas la même douceur,
la douceur,
celle inventée des hommes romantiques,
celles des occidentaux,
la douceur.
Douce d'avoir trouvé des esclaves,
douce de mutiler l'autre,
elle nous a emporté aux nues divines de nos idéaux, beaux comme nos prétentions, comme nos abus de confiance, comme notre foi en nous,
comme l'arme au poing, le soldat
sur le champs
champs
de la liberté,
champs du perdu,
de la perte
de la douceur.
Et enfin, il vit :
Il appelle sa mort,
de sa vie,
il l'appelle.
Parce qu'avant d'avoir le droit à la douceur,
il faut avoir
le droit,
à la mort.
